La concurrence énergétique

🎯 Ce que tu vas apprendre dans ce chapitre

La concurrence énergétique est le fait de consommer, dans un même repas, une trop grande quantité de glucides et de lipides à la fois. Le corps n’étant pas capable de gérer ce type de repas, il stocke le surplus sous forme de graisse. C’est la cause la plus courante de surpoids et d’obésité dans notre alimentation moderne.

Dans ce chapitre, tu vas apprendre à repérer la concurrence énergétique dans tes repas, la règle simple pour l’éviter, et comprendre le rôle de l’insuline et des hormones incrétines dans ce mécanisme de stockage.


Section 1

Qu’est-ce que la concurrence énergétique ?

Ce chapitre traite d’une erreur très commune dans notre alimentation moderne : mettre en concurrence les glucides et les lipides.

Certes, nous mangeons globalement trop, mais surtout de manière mal équilibrée. Je te dirais même que manger trop en évitant la concurrence énergétique poserait beaucoup moins de problèmes de surpoids dans notre société.

Comme nous l’avons vu précédemment, les glucides et les lipides sont nos deux principales sources d’énergie. On parle de concurrence énergétique lorsqu’un repas est composé de glucides et de lipides en trop grande quantité.

Notre corps n’est pas capable de gérer ce type de repas : il va donc stocker le surplus sous forme de graisse. C’est la raison la plus courante du surpoids et de l’obésité.

concurrence énergétique glucides lipides

Quelques exemples de concurrence énergétique :

  • Pizza : farine pour la pâte (glucide) et fromage (graisse)
  • Les frites : pommes de terre (glucide) et cuisson à l’huile (graisse)
  • Spaghetti carbonara : pâtes (glucide) et crème/lardons (graisse)

Ces exemples sont parlants, et nous savons que ce sont des repas qui font grossir, mais parfois c’est moins flagrant. J’aime regarder des plats préparés qui ont l’air sains, comme du quinoa mélangé avec des graines de lin. Mais quand je regarde le contenu, c’est une catastrophe : trop de glucides avec trop de lipides. Ce sont des repas totalement anti-métaboliques, car la concurrence énergétique y est trop importante.


Section 2

La règle à suivre pour l’éviter

Si nous souhaitons maigrir naturellement et ne plus reprendre le poids perdu, nous devons suivre cette règle :

  • Quand nous mangeons gras, évitons de manger trop de glucides, notamment des féculents.
  • Quand nous mangeons des glucides (surtout des féculents), évitons de les accompagner de trop de graisses.

Autre point intéressant : le mélange trop important de glucides et de lipides provoque des compulsions alimentaires, avec des difficultés à percevoir la satiété.

Il y a eu une expérience très intéressante de Chris et Xand van Tulleken, des jumeaux médecins, qui a mis en évidence que ce ne sont pas les glucides ou les lipides qui posent problème, mais bien les deux réunis en trop grande quantité. Consulter l’article

Maintenant, essayons de comprendre. La concurrence énergétique, lorsqu’elle est trop importante, engendre un stockage excessif de graisse. C’est ce qui provoque le surpoids chronique dans nos sociétés, mais aussi l’accumulation de mauvais cholestérol et bien d’autres problèmes de santé. En fait, la concurrence énergétique débouche sur une hyper-lipogenèse.

Petite remarque : plus nous avons un métabolisme qui fonctionne au ralenti, plus nous sommes sensibles à la concurrence énergétique d’un repas. C’est un cercle vicieux.


Section 3

Qu’est-ce qui influence la lipogenèse ?

La lipogenèse est influencée par les hormones, notamment l’insuline (nous l’avons vu dans les chapitres précédents), mais aussi la leptine, l’hormone de croissance et l’ASP, parmi bien d’autres. Consulter l’étude

L’insuline reste l’hormone qui a le plus d’influence sur la lipogenèse, car elle la stimule. Plus nous sécrétons d’insuline, plus nous activons la lipogenèse, et plus nous stockons de graisse.

L’insuline est produite en réponse à l’ingestion de glucides, mais pas seulement. En effet, notre intestin libère des hormones incrétines qui stimulent, elles aussi, la sécrétion d’insuline. Consulter l’étude

Les deux principales hormones incrétines sont le GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide) et le GLP-1 (glucagon-like peptide-1). Ce qui est intéressant, c’est que le GIP est sécrété en réponse aussi bien à l’ingestion de glucides que de lipides, tout comme le GLP-1 dans une moindre mesure. Consulter l’étude

Les lipides créent donc, eux aussi, indirectement de l’insuline. Ajoutons que le GIP stimule la lipogenèse. Cela signifie qu’un repas riche en glucides (insuline) et en lipides (insuline) provoque une hyper-lipogenèse, et donc un stockage de graisse excessif.

Enfin, même si l’insuline semble être responsable, elle n’est certainement pas coupable, ni tous ces processus qui font partie de notre biologie. S’ils existent, c’est pour notre bien. Le problème vient plutôt de notre alimentation, qui va à l’encontre de nos propres capacités digestives et métaboliques.

Il est donc primordial pour notre santé d’éviter de manger trop souvent un repas qui serait trop riche à la fois en glucides et en lipides.

Dans le chapitre suivant, je vais te parler des deux types de repas que j’ai créés. Je me suis inspiré des habitudes alimentaires de nos ancêtres, comme les Gaulois et les Romains, ainsi que des régimes paléo et bien d’autres. L’objectif est de retrouver notre capacité naturelle à utiliser les aliments que nous consommons, et de stopper le stockage excessif de graisse, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur notre santé.


Métaboliquement
Olivier

Références

  • « One twin gave up sugar, the other gave up fat. Their experiment could change YOUR life. » Daily Mail. Consulter
  • Kersten S. « Mechanisms of nutritional and hormonal regulation of lipogenesis. » PMC1083868
  • Vilsbøll T., Holst J.J. « Incretins, insulin secretion and Type 2 diabetes mellitus. » PubMed
  • Falko J.M., Crockett S.E., Cataland S., Mazzaferri E.L. « Gastric inhibitory polypeptide (GIP) stimulated by fat ingestion in man. » PubMed