Notre pourcentage de masse grasse ou notre réserve énergétique

🎯 Ce que tu vas apprendre dans ce chapitre

La masse grasse est notre principale réserve énergétique : elle permettrait de tenir plus de 30 jours sans manger. Elle représente naturellement 15 à 25 % du poids du corps chez l’homme et 20 à 30 % chez la femme, et joue aussi un rôle hormonal essentiel.

Dans ce chapitre, tu vas comprendre les 2 processus qui régulent ta masse grasse au quotidien (lipogenèse et lipolyse), pourquoi ils se déséquilibrent dans notre société moderne, et pourquoi ton surpoids n’est pas qu’une question de volonté.


Section 1

Pourquoi la masse grasse est vitale

Avant même de commencer, il est très important de signaler qu’avoir de la graisse est tout aussi vital que d’avoir du muscle. Sans graisse, notre espérance de vie serait réduite.

C’est la source d’énergie la plus importante du corps. Elle nous permettrait de tenir plus de 30 jours sans manger. Il faut donc avant toute chose aimer sa graisse.

Notre pourcentage de masse grasse représente 15 à 25 % du poids du corps pour un homme et 20 à 30 % pour une femme. Bien entendu, on observe des niveaux plus élevés en cas de surpoids important ou d’obésité.

Notre masse grasse a deux fonctions essentielles.

La première est de jouer son rôle de réserve énergétique. Dès que notre corps a besoin d’énergie et ne peut pas la trouver dans l’alimentation (par exemple lorsque nous dormons, entre deux repas éloignés, ou lors d’une activité physique), il utilise nos réserves. Avoir de la graisse est vital : par exemple, lorsque nous sommes malades, elle vient compenser notre incapacité à manger suffisamment.

Nous n’aimons pas toujours nos « bourrelets », car nous sommes soumis à un marketing de l’image qui impose des codes irréels de pourcentage de masse grasse. Mais tu vois qu’elle est importante, et on peut changer son regard sur la graisse de son corps, avec beaucoup plus d’indulgence.

Notre masse grasse, qu’on appelle aussi tissu adipeux, a un deuxième rôle découvert plus récemment : elle intervient dans le fonctionnement hormonal.

En revanche, il faut aussi être conscient qu’en excès, elle est dangereuse pour la santé. Il devient donc primordial que notre régulation naturelle de la masse grasse fonctionne correctement, car son dysfonctionnement a comme conséquence directe un excès de graisse, mais aussi, indirectement, des troubles divers tels que l’obésité, le diabète, la maladie du foie gras et les maladies cardiovasculaires.


Section 2

La régulation naturelle : lipogenèse et lipolyse

Dans le chapitre sur l’adaptation métabolique, j’ai abordé la recherche perpétuelle de notre organisme pour maintenir un équilibre sain entre nos besoins et nos apports/réserves : c’est l’homéostasie énergétique.

Notre masse grasse intervient directement dans cette recherche d’équilibre, en étant une réserve d’énergie qui répond à nos besoins à différents moments de la journée et de la nuit. Sans cette réserve, notre corps serait énergiquement à flux tendu : il faudrait manger continuellement, et même se lever la nuit pour manger.

Cette régulation naturelle de notre masse grasse est composée de 2 processus : la lipogenèse et la lipolyse. Il est important de connaître ces deux processus si l’on souhaite perdre du poids, et plus précisément perdre de la graisse.

Petite remarque : cette régulation est en action perpétuelle. Par exemple, la graisse que tu as au niveau du ventre au moment où tu lis cet article ne sera pas la même dans un mois : ton corps l’utilise et en re-stocke de façon continue.

Qu’est-ce que la lipogenèse ? La phase de stockage des graisses.

Après un repas, les graisses (acides gras) ou le sucre (glucose) en excès sont mis en réserve sous forme de graisse. On appelle la lipogenèse ce processus de stockage d’énergie sous forme de graisse.

Qu’est-ce que la lipolyse ? La phase de déstockage des graisses.

C’est le processus inverse de la lipogenèse : notre organisme utilise la graisse comme source d’énergie.

Pour faire simple : la lipogenèse, c’est le stockage de graisse ; la lipolyse, c’est le déstockage de graisse. Ce sont 2 processus naturels qui ont pour but de s’équilibrer afin de maintenir une réserve d’énergie suffisante pour notre vie. Tout déséquilibre dans ces processus nous conduit à un excès de masse grasse, au surpoids voire à l’obésité, notamment si la phase de stockage prend le dessus sur la phase de déstockage.

lipogenèse lipolyse accumulation de graisse

Notons également que ces processus sont contrôlés par des hormones sécrétées par le pancréas, l’hypophyse, la thyroïde, les glandes surrénales, les ovaires ou les testicules.

Comment ça se passe ?

La période post-repas se caractérise par une stimulation de la sécrétion d’insuline, qui va orienter l’excès énergétique de glucose et d’acides gras vers nos zones de stockage. Tant que nos niveaux d’insuline sont élevés, la lipogenèse est en action, ce qui laisse la phase de stockage activée, avec peu de place pour l’utilisation des graisses comme source d’énergie.

Un exemple simplifié : tu manges des pâtes avec du gruyère râpé.

  1. Les glucides qui composent les pâtes sont transformés en glucose.
  2. Ils sont absorbés dans la circulation sanguine.
  3. Ils provoquent une élévation de la glycémie, qui stimule une libération d’insuline.
  4. La lipogenèse est en action, ce qui conduit au stockage d’une partie de l’énergie fournie par les pâtes et le gruyère sous forme de graisse.
  5. Enfin, la glycémie diminue, et si les niveaux d’insuline rebaissent suffisamment, on peut basculer sur la lipolyse.
  6. Lipolyse activée : notre corps, pour combler ses besoins, utilise la graisse stockée, nos petits « bourrelets ».

Section 3

Le déséquilibre de ces 2 processus : le mal de notre société

Dans le chapitre précédent, nous avons parlé de la flexibilité métabolique et des difficultés que l’on rencontre à basculer d’une énergie à l’autre. Nous avons finalement du mal à utiliser les graisses comme source d’énergie, que ce soit celles que nous mangeons ou celles qui sont stockées dans notre tissu adipeux.

Cette inflexibilité métabolique peut aussi se définir comme une difficulté à basculer dans la phase de lipolyse. Alors que les 2 processus de lipogenèse et de lipolyse doivent naturellement s’équilibrer pour notre bien, ils se retrouvent déséquilibrés.

Problème n°1 : une lipogenèse hyperactive.

L’hyperactivité de la lipogenèse conduit à la prise de poids, notamment à une augmentation de la masse grasse, mais aussi à des difficultés à perdre du poids. L’une des causes premières est l’augmentation de la consommation de glucides dans notre société, notamment sous forme de sucre en tout genre, mais aussi par un excès d’apport en féculents.

Dans le même temps, la baisse d’activité physique a diminué nos besoins, mais surtout notre capacité à stabiliser notre taux de sucre dans le sang (sensibilité à l’insuline, voire flexibilité métabolique). Notre taux d’insuline devient trop élevé, ce qui inhibe les hormones qui permettent à la lipolyse de commencer. Nous nous retrouvons donc trop souvent en mode stockage de graisse plutôt qu’en mode brûleur de graisse. L’apport excessif en glucides n’est pas le seul responsable : le stress est aussi un facteur de stimulation de la lipogenèse.

Problème n°2 : une lipolyse sous-active.

Rappel : la lipolyse est inhibée par l’insuline. Revenons à ce que nous avons vu dans le modèle S.A.S. :

  • S = Sédentarité, qui provoque une baisse de notre sensibilité à l’insuline
  • A = Alimentation, qui génère trop d’insuline car trop riche en glucides
  • S = Stress, qui est un facteur de résistance à l’insuline

Une lipolyse sous-active ne résulte pas exclusivement de l’insuline, mais aussi de la résistance à la leptine. Nous l’avons déjà vu dans les chapitres précédents : la leptine est une hormone qui régule entre autres notre masse grasse. Normalement, la leptine envoie le message que nous avons suffisamment de graisse. Or, chez les personnes en surpoids chronique ou en obésité, ce signal n’est plus perçu par le cerveau : c’est ce qu’on appelle la résistance à la leptine. Cette résistance vient limiter l’action de la lipolyse, c’est-à-dire le déstockage des graisses.

Je pourrais prolonger ce chapitre en développant les causes de ce dérèglement, mais je veux surtout te faire prendre conscience que notre surpoids, et nos difficultés à le perdre, ne sont pas seulement la conséquence de notre volonté : certains dérèglements rendent la tâche plus difficile.

Le pourquoi m’intéresse, mais n’est pas ma priorité : c’est le comment qui compte à mes yeux.

  • Comment rééquilibrer ces 2 processus ?
  • Comment rééquilibrer par la même occasion nos hormones pour un meilleur fonctionnement ?
  • Comment arriver à perdre du poids naturellement sans dérégler encore plus notre
    métabolisme ?

C’est exactement ce que je vais traiter dans le module suivant : la rééducation fonctionnelle de notre métabolisme.


Métaboliquement,
Olivier

Références